Pièces d’or à Molitor

Pour nager à Molitor, l’ancienne piscine municipale qui a enfin réouvert ses portes cette semaine, il faudra donc, d’après les tarifs affichés, payer 3.000 € par an, ou « seulement » 180 € par jour. Pas très facile d’accès, tout ça…

Les Nageurs citoyens défendent un public qui veut nager, tout simplement. Que les piscines de Paris soient en régie (29) ou en DSP (9) n’est pas important. Ce qui compte c’est qu’elles soient ouvertes, entretenues et accessibles. Mais dans une ville où les nageurs indépendants peinent à trouver des lignes d’eau pour nager, comment peut-on pratiquer des tarifs qui créent une telle barrière ? Pourquoi, au sein du projet, aucun horaire n’a-t-il été négocié pour le public, alors que, d’après l’ancien adjoint de M. Delanoë (Jean Vuillermoz), la demande de natation a augmenté de 75 % en 11 ans ? Que la mairie souhaite déléguer la gestion de ses établissements est une chose, mais qu’elle oublie de défendre les parisiens de base en est une autre. Un très mauvais point, là.

Jeter 1.000 euros à l’eau

Un exemple, ce dimanche 27 avril, à la piscine Armand Massard, à Montparnasse, jour de fin de vacances. Entre midi et deux heures, on compte déjà 52 personnes dans l’eau du grand bassin (soit presque 9 personnes par ligne d’eau), 25 dans le moyen et une dizaine dans le petit. Le printemps promet d’être chaud dans les lignes…

Remarquons aussi autre chose : les caisses sont fermées, totalement vides, et en conséquence l’entrée est gratuite toute la journée, pendant huit heures. Imaginons un billet à 2,4 euros (carnet de 10). Les nageurs sont contents de ces entrées gratuites, certes, mais combien la Mairie n’a-t-elle pas perçu ce dimanche à Massard ? calculons 87 x 8 x 2,4 x 1 heure par personne = 1670 euros ! Tout ça qui n’ira pas en entretien des piscines parisiennes ou en augmentation de salaires pour les agents.

La Ville de Paris a besoin d »argent pour entretenir ses piscines. A condition de ne pas le jeter à l’eau.

Paris à l’heure espagnole ?

A l’heure où la France peut s’enorgueillir d’avoir permis à des personnalités immigrées de devenir maire de Paris (Anne Hidalgo est née en Andalousie) et premier ministre (Manuel Valls est né à Barcelone), pouvons-nous dire que Paris soutient la comparaison pour la natation ? Nageurs citoyens est allé enquêter du côté des piscines.

Résultat : les horaires d’ouvertures offerts au public sont moins étendus dans les piscines parisiennes qu’à Madrid ou à Barcelone :

– Madrid : sur 8 piscines, la moyenne d’ouverture au public est de 80,75 heures par semaine (source : swimmersguide).

– Barcelone : sur 4 piscines, la moyenne d’ouverture au public est de 95,6 heures par semaine.

– Paris Montparnasse (Armand Massard, plus grande piscine parisienne en m² d’eau) : ouverture au public de 42 heures par semaine.

Il reste du travail pour améliorer la situation pour le grand public à Paris !

Nageurs citoyens et les municipales

Récemment, les candidat(e)s à la mairie de Paris ont fait de grandes déclarations sur les piscines à Paris. Le fait que Nageurs Citoyens soit une association non partisane (article 2.2 de ses statuts) ne l’empêche pas d’avoir un avis, et même un avis construit, sur ces promesses de campagne. Nous avions d’ailleurs fait un retour favorable sur le programme du candidat Nadjdovski du 11 janvier (voir ci-dessous), notamment parce que ses propositions s’accompagnaient d’une authentique analyse de la situation, qui semble un peu manquer dans les déclarations des deux autres candidates.

Notre position :

1/ nous sommes heureux que le sujet « natation pour le grand public » s’invite dans la campagne municipale et nous saluons tous les efforts, de droite ou de gauche, en ce sens ;

2/ nous sommes certes favorables à la construction de nouvelles piscines dans Paris, avec une petite préférence pour les constructions provisoires ou mobiles, qui garantissent un résultat plus rapide. Pourvu cependant qu’elles ne soient pas de simples pataugeoires et qu’on puisse vraiment y nager.

3/ …mais nous estimons que cette passion soudaine pour la construction de nouveaux établissements ne doit pas cacher l’enjeu majeur du moment, qui est d’entretenir le parc existant : que sert de promettre 4 ou 10 piscines sur les 6 prochaines années si 9 d’entre elles sont en fait arrêtées pour des causes diverses (ou 18, comme aujourd’hui 9 mars) ?

4/ … de plus, nous pensons que des solutions simples permettraient d’améliorer la disponibilité du parc pour un coût parfois égal à zéro. Il faut mettre en place un partage des lignes d’eau entre les différents publics. Voir nos propositions, visibles sur ce site.

5/ Le critère final pour le public est de savoir s’il peut nager dans Paris : nous proposons de mettre en place un « indicateur de disponibilité », qui calculerait en temps réel l’ouverture effective des piscines parisiennes. Ce pourrait être, par exemple, le pourcentage de piscinces ouvertes chaque jour.

Plus d’informations sur contact@ec2-52-51-124-101.eu-west-1.compute.amazonaws.com

Le bureau exécutif de l’association

Fermetures en série

Les piscines parisiennes en carafe ? Dimanche dernier 23 février en fin de matinée, nous constations pas moins de 9 fermetures simultanées dans les établissements parisiens : à Jean Taris (5è) et Chateau-Landon (10è), un panneau annonçait subitement « mouvement social ». Blomet, à la même heure, indiquait « fermeture pour événement indépendant de notre volonté ». Mais inutile de se rabattre sur les autres piscines, car c’était sans compter les fermetures de Parmentier (9è, « problème technique »), Didot (14è), Aspirant Dunand (14è, mouvement social), Mathis (19è, depuis mi-janvier) et Rouvet (19è, pour « vidange »). Sans oublier la fermeture définitive d’Emile Anthoine (15è). Source : constats de terrain ou vus sur nageurs.com ; les Nageurs Citoyens relèvent et notent tout ceci sur leur main courante, visible ici à droite sous le « blog ». Mais  peut-être d’autres piscines étaient-elles également fermées et n’avions-nous pas tout vu. Dommage pour les parisiens qui veulent nager le week-end.

9 piscines fermées sur 38 ! A l’heure où les candidats et candidats parlent de construire de nouveaux bassins à Paris dans les 6 prochaines années, ne faudrait-il pas commencer par se pencher sur l’entretien et le fonctionnement des piscines existantes ?

Partager les lignes d’eau à Paris

Un peu de lecture…. Les Nageurs citoyens ont relu récemment le rapport de l’Inspection générale de la Ville, daté de 2011, sur les piscines et les nocturnes. Citation en page 48 :
 

« Le constat général est que la Ville a pour tradition d’envisager la répartition entre les deux catégories d’usagers de manière exclusive l’une de l’autre, la doctrine étant que, à quelques exceptions près, « chacun doit être chez soi ». »Or, de l’audition des responsables des piscines autant que du président du comité de Paris de la fédération française de natation, il ressort que cette relation pourrait être envisagée en termes de partenariat et de recherche de complémentarités, de manière plus positive. »

Bref, ne pas opposer les publics, mais chercher des solutions. Nous sommes d’accord ! mieux partager les lignes d’eau, discuter de façon ouverte : tels sont aussi les méthodes que nous préconisons pour que tout le monde puisse nager davantage (par exemple, mieux partager avec les clubs en soirée). La DJS aurait intérêt à ouvrir le jeu.
A quand des états généraux des piscines à Paris ?